Le ciel commence à se voiler, les nuages se réunissent à l'appel du vent. Les mouettes s'envolent aléatoirement, lançant leur cris sur la longueur du quais. Amar ramasse frileusement son matériel de pêche, attache le tout à l’arrière de sa moto rouge et prend la route vers la haute ville. Arrivé chez lui, il entrepose sa moto dans le couloir, et rentre à l'intérieur d'une pièce presque vide, dont les vitres sont cassées et la porte sans serrure. Une crasse noirâtre recouvre les murs à moitié, et au coin, quelques cartons jetés à même le sol lui servent de literie. Des détritus de nature suspecte jonchent le sol. L'on ne distingue plus les ordures des autres choses encore utilisables. Amar s’engouffre alors dans son environnement, et un bruit de radio vient brisé le silence sinistre dont s'est habillé l'endroit.
Un violent bruit de mécanique et de fer parcours le long du couloir encore sombre, et dans la pénombre de l'aube n'est visible que la lumière rouge du témoin du poste-radio. Quelqu'un vient de jeter sa moto par terre, et bientôt défonce la porte d'un coup de pied sec et vif. Amar n'a pas le temps de se défaire de ses couvertures de fortune, que cet inconnu le roue de coups de pied. Des coups de pied si violents que Amar perd connaissance au deuxième. En se réveillant quelques minutes plus tard, le sang le couvre pratiquement sur tout le corps, avec quelques os cassés et des lésions assez graves au visage. A un moment donné, la vieux Amar se retrouve aux urgences sans trop savoir sur le comment de son voyage qui l'a vu atterrir dans cette salle d'attente nauséabonde. L'air est saturé d'un mélange d'odeurs d'alcool, de solutions douteuses et de malades mourants. Après des heures passées à attendre, ballotté entre des infirmières hargneuses et des médecins presque nonchalant, le pauvre s'en sort avec un peu de plâtre, quelques pansements et des médicaments, non remboursables, sans surprises.
De retour chez lui, il trouve une personne aux trais méchants qui se fait impatiente…